L’exécutif sénégalais traverse une crise institutionnelle majeure. Par la voix du secrétaire général de la Présidence, Oumar Samba Ba, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officialisé le limogeage de son Premier ministre, Ousmane Sonko, entraînant par ricochet la dissolution du gouvernement. Les ministres sortants restent chargés d’expédier les affaires courantes en attendant la nomination d’une nouvelle équipe.
Ce dénouement dramatique met fin au modèle inédit de direction bicéphale qui s’était installé à la tête du pays depuis avril 2024. À l’origine de cette séparation, l’histoire retient qu’Ousmane Sonko, figure de proue de l’opposition sous le mandat de Macky Sall, avait été disqualifié de la course présidentielle. Il avait alors propulsé son lieutenant et mentoré, Bassirou Diomaye Faye, vers la magistrature suprême sous le slogan d’une fusion politique totale.
Cependant, la réalité de l’exercice du pouvoir a rapidement éprouvé cette alliance. Les frictions se sont multipliées ces derniers mois, nourries par un contraste marqué entre la posture solennelle du chef de l’État et le style offensif du Premier ministre, mais aussi par des rivalités d’influence grandissantes entre le Palais présidentiel et la Primature. En réaffirmant l’autorité absolue que lui confère la Constitution, le président Faye choisit de reprendre l’exclusivité des rênes de l’action publique, ouvrant une période de profonde incertitude quant à la cohésion de la majorité politique et à la stabilité du parti PASTEF.