Choc énergétique et guerre en Iran : l’économie mondiale au bord de la stagflation
Auteur
Lang Fils
Publié le
24 mars 2026
La guerre en Iran pèse déjà lourdement sur les principales économies du monde, selon des enquêtes auprès des entreprises publiées mardi par Reuters, qui montrent comment une flambée des prix de l’énergie et une incertitude croissante freinent l’activité tout en faisant grimper les anticipations d’inflation. Les premiers résultats des questionnaires envoyés aux responsables des achats d’entreprises aux États-Unis, en Europe et au Japon constituent l’aperçu le plus complet à ce jour de l’impact économique du conflit qui dure depuis près de quatre semaines et qui a interrompu indéfiniment une grande partie des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Cette envolée des prix du pétrole, du gaz et des autres produits dérivés qui en résulte pourrait constituer un double coup dur pour les économies du globe, en alimentant une inflation plus généralisée et en freinant la croissance. Outre les difficultés que cela représente pour les dirigeants de ces pays — y compris le président américain Donald Trump lui-même —, la situation a déjà incité de nombreuses banques centrales à envisager une politique plus restrictive afin de contenir les pressions sur les prix.
Parmi les vingt et une économies partageant la monnaie unique, la croissance du secteur privé a quasiment stagné ce mois-ci, les entreprises signalant une augmentation des délais de livraison et prévoyant des hausses de coûts qu’elles tenteraient à leur tour de répercuter sur les consommateurs. S&P Global a indiqué que son indice PMI composite flash de la zone euro a chuté à 50,5 en mars, marquant son plus bas niveau en dix mois contre 51,9 en février, un chiffre bien inférieur aux prévisions initiales, sachant qu’un indice supérieur à 50 indique une expansion.
Les indicateurs relatifs aux prix des intrants et des extrants dans le secteur manufacturier de la zone euro ont affiché des variations beaucoup plus marquées. Au niveau national, la confiance des entreprises françaises a fortement chuté, tandis que la croissance du secteur privé allemand a ralenti à son plus bas niveau en trois mois. Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence, a déclaré à ce sujet que les chiffres de la zone euro « tiraient la sonnette d’alarme de la stagflation », faisant référence au risque d’une combinaison douloureuse entre stagnation économique et hausse des prix.
L’enquête américaine de S&P Global dresse un tableau similaire pour la première économie mondiale, où des prix de l’énergie plus élevés alimentent les craintes d’inflation dans un contexte de confiance des entreprises affaiblie, ce qui laisse présager des perspectives d’emploi plus sombres. L’indice PMI composite flash de la production américaine a chuté à 51,4 ce mois-ci, son niveau le plus bas depuis avril dernier, après avoir atteint 51,9 en février, marquant ainsi deux mois consécutifs de baisse, un recul principalement enregistré dans le secteur des services.
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