Reconduit pour la troisième fois au sein du gouvernement par le président Bassirou Diomaye Faye, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a officialisé sa rupture avec son parti d’origine, PASTEF-Les Patriotes. Dans un communiqué empreint de solennité, Moussa Balla Fofana assume son choix de placer la continuité de l’État au-dessus des logiques partisanes.
Une rupture assumée avec la ligne du parti
Cette décision fait directement écho aux déclarations du 2 juin 2026 d’Ousmane Sonko, président de PASTEF, qui reprochait à certains ministres reconduits de s’écarter des orientations de la formation politique.
Moussa Balla Fofana a répondu avec franchise, confirmant avoir agi en toute liberté et « en son âme et conscience ». Refusant de sacrifier l’intérêt national au profit d’un agenda politique, il a annoncé sa démission officielle de PASTEF :
« Entre une logique partisane et ce que je considérais être mon devoir envers la Nation […], j’ai choisi de poursuivre la mission qui m’avait été confiée au service du Sénégal. Un patriote peut bien démissionner d’un parti, mais jamais de la Patrie. »
Malgré cette séparation, le ministre a tenu à exprimer sa profonde gratitude et son respect indéfectible envers Ousmane Sonko, qu’il qualifie de « grand frère » et de « compagnon de lutte », tout en demandant pardon aux militants qu’il aurait pu offenser.
Fidélité au Chef de l’État et bilan sectoriel
Moussa Balla Fofana a réitéré sa loyauté envers le président Bassirou Diomaye Faye, saluant son soutien constant dans la réalisation des grands chantiers urbains et territoriaux. Il a formellement nié toute interférence politique de la part du Chef de l’État, jurant que ce dernier ne l’avait jamais entretenu de projets partisans.
Pour justifier son maintien au gouvernement, le ministre a mis en avant le besoin de continuité des réformes d’envergure amorcées depuis plus de deux ans. Parmi les réalisations et chantiers en cours, il cite notamment :
- Logement et foncier : Le déploiement des programmes phares à Mbour 4, à la Nouvelle Ville de Thiès, ainsi que le relogement définitif de plus de 4 500 personnes dans la Langue de Barbarie.
- Réforme territoriale : L’application des conclusions de l’Acte IV de la décentralisation et le parachèvement de la fonction publique locale.
- Modernisation et environnement : La transition du site de Mbeubeuss, la digitalisation de l’état civil, le lancement du Géoportail national de l’urbanisme et la régulation du coût du loyer.
Le sens du devoir avant tout
Se définissant comme un « pur produit de l’école publique et de la diaspora », le ministre a conclu en rappelant sa dette morale envers la République. Il s’est dit prêt à servir son pays à n’importe quel poste, guidé uniquement par sa liberté de conscience et le refus d’abandonner ses chantiers « au milieu du gué ».