FMI : Une accélération de la croissance et une baisse de l’inflation prévues au Sénégal en 2023
Auteur
Lang Fils
Publié le
27 mars 2023
Le chef de mission du Fonds Monétaire International, Edward Gemayel, avait dressé , il y a deux semaines, les perspectives économiques du Sénégal en 2023. Il a également décliné les contours du nouveau programme économique et financier du Sénégal.
« En ce qui concerne la mission, nous constatons que l’économie sénégalaise a connu en 2022, un ralentissement de sa croissance et de son produit intérieur brut, que nous estimons désormais à 4%. Initialement, on estimait la croissance en 2022 à 4,8% », a indiqué Edward Gemayel, chef de mission du Fonds Monétaire international (FMI).
Cependant, dit-il, à « cause du secteur agricole et du secteur de l’industrie, qui a ralenti plus que prévu. On a revu sa croissance à peu près à 4% ».
En ce qui concerne l’inflation moyenne de 2022, poursuit-il, on « l’estime à 9,7%. C’est le plus haut niveau depuis plusieurs décennies, en grande partie du fait de la flambée des denrées alimentaires ».
Selon Gemayel, les « subventions ont atteint un niveau record à peu près 700 milliards FCFA soit 4% du PIB ». Pour contenir le déficit budgétaire, dit-il, les « autorités ont dû réduire les dépenses d’investissements, ce qui a aussi contribué à la baisse du taux de croissance ».
Accélération de l’activité économique en 2023
Selon lui, la dette publique est estimée actuellement à 75% du PIB dont 68% ou 67,2% du PIB pour le gouvernement central. Le déficit s’est « considérablement creusé en raison de l’augmentation des factures à l’importation », a expliqué M. Gemayel.
Pour 2023, le chef de mission du FMI annonce que la « croissance de l’activité économique devrait s’accélérer par rapport à l’année passée bien qu’à un rythme plus lent qu’initialement projeté, tandis que l’inflation devrait reculée de 9,7% l’année passée à environ 5,5% à la fin de cette année ».
D’après lui, les perspectives en moyen terme restent « favorables et devraient bénéficier à la fois du démarrage de la production pétrolière et de gaz à la fin de cette année ou en début d’année prochaine. Et la mise en œuvre de la réforme structurelle visant à surmonter les principaux obstacles au développement du secteur privé dans le cadre de la phase 3 du Plan Sénégal émergent », a indiqué Edward Gemayel.
Qui a ajouté : « les premiers signes d’un resserrement des conditions de financement sur le marché régional des titres publics appellent à la vigilance et l’élaboration d’un plan de contingence ».
Dans ce contexte, nous « pensons que l’amélioration de la mobilisation des recettes fiscales et la rationalisation des dépenses publiques non prioritaires continueront à atténuer les pressions financières tout en préservant la viabilité de la dette », a-t-il assuré.
Par ailleurs, le chef de mission du FMI a annoncé un nouveau programme économique et financier du Sénégal. « Les négociations pour un nouveau programme soutenu par le FMI commenceront en marge des réunions de printemps du FMI, se dérouleront à Dakar en avril », a fait savoir Edward Gemayel.