avril 3, 2025
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Ce mercredi, l’Assemblée Nationale sénégalaise se penche sur une proposition de loi d’interprétation de la loi d’amnistie, un texte qui suscite de vives réactions et divise l’opinion publique. Initiée par le député Amadou Ba n°2, membre du groupe parlementaire du parti au pouvoir PASTEF, cette proposition vise à clarifier le champ d’application de la loi d’amnistie, adoptée en mars 2024, en excluant explicitement les infractions criminelles ou correctionnelles qualifiées de tortures, d’actes de barbarie, de meurtre, d’assassinat, de disparition forcée de personnes et d’utilisation de nervis armés.

Une proposition de loi qui soulève des interrogations

Selon l’auteur de la proposition, cette clarification est nécessaire pour se conformer aux conventions internationales relatives aux droits humains ratifiées par le Sénégal. Cependant, une partie de l’opposition et de la société civile y voit une tentative de protéger des individus proches du pouvoir. La présidente du groupe Takku-Wallu de l’opposition, Aissata Tall Sall, qualifie cette proposition d' »illégitime, immorale et dangereuse », estimant que la loi d’amnistie est déjà claire et ne nécessite aucune interprétation.

Appels à la concertation et menaces de recours

Face à la polémique grandissante, vingt organisations de la société civile ont appelé à des « concertations inclusives » avant le vote du texte, demandant un « sursis » à son examen. De leur côté, des parlementaires de l’opposition n’excluent pas de déposer un recours devant le Conseil constitutionnel si la proposition est adoptée.

Un contexte politique tendu

L’examen de cette proposition de loi intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des divergences profondes au sein de l’opinion publique. L’issue de ce débat parlementaire sera déterminante pour l’avenir de la loi d’amnistie et pour la cohésion nationale.

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