Un imam gambien a récemment créé une vive controverse en qualifiant le Magal de Touba de « haram » (illicite selon la loi islamique), provoquant l’indignation de la communauté mouride. Lors d’un sermon, l’imam Abdul Kareem Kuyateh aurait déclaré que les pèlerins se rendant au Magal de Touba seraient pires que les habitués des boîtes de nuit et que quiconque mourrait sur place serait voué à l’enfer.
Ces propos ont rapidement fait le tour de la Gambie, entraînant une plainte contre le religieux, qui a ensuite été convoqué par la police. L’affaire a pris une tournure politique, certains estimant que le Sénégal faisait pression pour qu’un citoyen gambien soit emprisonné pour des déclarations faites sur son propre territoire.
L’appel au calme du khalife des Mourides
Alors que les tensions montaient, les fidèles mourides de Gambie sont descendus dans les rues pour dénoncer les propos de l’imam. En réponse, le représentant du khalife général des Mourides en Gambie, Pap Demba Jobe, a révélé avoir reçu des instructions de Serigne Mountakha Mbacké, le khalife. Ce dernier a appelé à la retenue, exhortant les fidèles à laisser le dossier entre les mains de Serigne Touba, le fondateur de la confrérie.
Le khalife a rappelé que Serigne Touba a toujours prêché l’unité et la persévérance spirituelle, soulignant l’importance de maintenir la cohésion et le respect au sein de la communauté musulmane, malgré les provocations. Pap Demba Jobe aurait également fait remarquer à l’imam Kuyateh que la ville sainte de Touba est plus peuplée que la Gambie elle-même et qu’elle compte plus d’un millier de mosquées.
Finalement, l’imam Abdul Kareem Kuyateh a exprimé ses regrets et a promis de ne plus tenir de tels propos. Toutefois, selon Pap Demba Jobe, la communauté mouride attend toujours des excuses publiques pour clore définitivement l’incident.