La Cour d’appel de Bamako a rendu son délibéré ce lundi matin dans l’affaire opposant l’État malien à l’ancien Premier ministre Moussa Mara. En confirmant le verdict de première instance rendu fin octobre, la justice maintient une peine de deux ans de prison, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA. Cette décision scelle le sort judiciaire immédiat de l’homme politique, placé en détention depuis le 1er août dernier, et marque un tournant dans le traitement des voix dissidentes au sein de la transition actuelle.
Le dossier repose essentiellement sur des écrits publiés par l’ancien chef du gouvernement sur les réseaux sociaux. Dans ce message, Moussa Mara exprimait son ambition de se battre par tous les moyens pour que le soleil succède à la nuit. Bien que la défense ait plaidé le caractère métaphorique et pacifique de ces propos, les magistrats y ont décelé une intention subversive. Les juges ont ainsi retenu les charges d’atteinte au crédit de l’État et d’opposition à l’autorité légitime, estimant que ces déclarations étaient de nature à déstabiliser l’ordre établi et à fragiliser les institutions de la République.
Cette confirmation de peine intervient dans un climat politique particulièrement sensible où la liberté de ton est de plus en plus encadrée par le pouvoir judiciaire. En frappant une figure politique de premier plan, connue pour son expérience gouvernementale et son influence nationale, les autorités envoient un signal de fermeté absolue. Le maintien en détention de Moussa Mara prive non seulement son parti d’un leader charismatique, mais il soulève également des interrogations persistantes chez les observateurs internationaux quant à la vitalité du débat démocratique et à l’ouverture de l’espace civique au Mali dans le contexte actuel de transition.