Ce mardi, des centaines de manifestants ont défilé dans les rues de Pretoria à l’appel du mouvement « March and March ». Le cortège s’est dirigé vers les Union Buildings, le siège du gouvernement, pour exprimer son mécontentement face à ce que les participants qualifient d’inaction politique face à « l’afflux d’immigrants clandestins ».
Un climat d’insécurité pour les communautés étrangères
Face à la montée des tensions, plusieurs missions diplomatiques ont tiré la sonnette d’alarme. L’ambassade du Ghana a ainsi exhorté ses ressortissants à la plus grande prudence, conseillant aux commerçants de fermer leurs boutiques pour éviter d’éventuels pillages ou affrontements.
Olaniyi Abodedele, président de l’Union nigériane en Afrique du Sud, a partagé cette inquiétude au micro de la BBC Pidgin :
« Pour nous, la question n’est pas de savoir si l’on est en situation régulière ou non. Dès lors que l’on est Nigérian, on est immédiatement profilé et stéréotypé. Tout le monde reste chez soi par précaution. »
La xénophobie : un défi persistant
Bien que les migrants ne représentent qu’environ 4 % de la population (soit 2,4 millions de personnes, principalement originaires du Lesotho, du Zimbabwe et du Mozambique), ils sont régulièrement pris pour cibles. Dans un pays où le taux de chômage frôle les 33 %, des mouvements comme « Operation Dudula » ou « March and March » capitalisent sur le mécontentement social pour exiger l’expulsion des étrangers.
Condamnation internationale
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fermement condamné ces actes d’intimidation. Par la voix de son porte-parole, il a rappelé aux Sud-Africains que leur propre victoire contre l’apartheid avait été rendue possible grâce à la solidarité africaine et internationale. Il a martelé que « le justicierisme et l’incitation à la haine n’ont pas leur place dans une société démocratique ».
Source : BBC News