PARIS – Le Premier ministre François Bayrou a remis ce mardi 9 septembre 2025 sa démission au président de la République Emmanuel Macron, qui l’a acceptée. Cette décision intervient au lendemain du vote de l’Assemblée nationale, qui a refusé la confiance à son gouvernement. La France est désormais plongée dans une période d’incertitude politique, avec plusieurs scénarios possibles pour l’après-Bayrou.
Un revers politique attendu
La démission de François Bayrou n’est pas une surprise. Son gouvernement n’avait pas obtenu la majorité à l’Assemblée nationale lors du vote de confiance du 8 septembre, avec 364 voix contre et 194 pour. Le vote de confiance est une procédure constitutionnelle (article 50 de la Constitution) qui permet au gouvernement de s’assurer du soutien du Parlement. Le refus de l’Assemblée a donc directement conduit à la démission du gouvernement, qui est une obligation constitutionnelle dans ce cas.
« L’Assemblée nationale n’a pas approuvé la déclaration de politique générale », a annoncé le président de l’Assemblée nationale, ce qui a scellé le sort du gouvernement (Source : Public Sénat). Cette chute met en lumière les difficultés de la majorité présidentielle à gouverner sans majorité absolue, un blocage qui dure depuis les élections législatives de juin 2024. Le gouvernement Bayrou, nommé en décembre 2024, est le quatrième du quinquennat et a échoué, comme celui de Barnier à obtenir une majorité stable.
Les scénarios de l’après-Bayrou
Le départ de François Bayrou ouvre une période de consultation pour le président Macron, qui doit choisir la suite des événements. Plusieurs options s’offrent à lui (Source : LCP) :
- Nommer un nouveau Premier ministre : C’est le scénario le plus probable. Emmanuel Macron pourrait tenter de trouver une personnalité capable de rassembler une majorité de compromis à l’Assemblée nationale, en s’appuyant sur les différents partis politiques. Le nom de Sébastien Lecornu est cité avec insistance dans les médias pour prendre la tête du gouvernement (Source : Boursorama, AFP).
- Dissoudre l’Assemblée nationale : C’est une possibilité, mais qui semble peu probable à ce stade. Après la dissolution de juin 2024, le président Macron a déjà essuyé un revers. Un nouveau scrutin législatif pourrait aggraver la situation en ne donnant pas de majorité claire. Cependant, en cas de blocage politique persistant, cette option reste une prérogative présidentielle.
- La démission du président de la République : L’extrême droite et la gauche radicale ont déjà appelé à de nouvelles élections. Les oppositions, notamment le Rassemblement National et La France insoumise, considèrent que le président est la source de l’instabilité actuelle.
Réactions et conséquences
La chute du gouvernement a immédiatement fait réagir la classe politique. Le Rassemblement National, par la voix de Marine Le Pen, a demandé des législatives « ultra-rapides », convaincu de pouvoir tirer profit de ce scénario. À gauche, La France insoumise a réagi en dénonçant « l’imposture de la Macronie » (Source : L’Humanité, Public Sénat). L’instabilité politique génère aussi des inquiétudes sur le plan économique. La Bourse de Paris a réagi à la nouvelle, et les experts craignent un impact sur l’immobilier et la capacité de la France à honorer ses engagements budgétaires (Source : Ymanci).
Le gouvernement Bayrou continuera d’assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à la nomination d’un successeur. Un nouveau Premier ministre devra rapidement être nommé, notamment pour préparer le projet de loi de finances 2026, qui doit être présenté au Parlement avant la fin de l’année.