De fortes pluies survenues récemment ont submergé des milliers d’hectares de rizières dans le bassin de l’Anambé. Face à cette catastrophe naturelle, le collectif des petits et grands producteurs a tenu, ce mercredi 13 août au secteur 4, un point de presse pour dénoncer la vétusté des aménagements et appeler l’État à intervenir rapidement afin de sauver la saison agricole et leur permettre de faire face à leurs engagements bancaires.
« Cette année, les producteurs rizicoles du bassin de l’Anambé vivent une situation alarmante et surtout inédite. Plus de 90 % des parcelles aménagées sont aujourd’hui inexploitées à cause des inondations qui perdurent depuis le 14 juillet, date à laquelle la zone a enregistré plus de 140 mm de pluie en moins de 24 heures », a expliqué Mamadou Gano, coordinateur du collectif des jeunes et petits producteurs du bassin.
Selon lui, aucun acteur n’est épargné : « Qu’il s’agisse de grands ou de petits producteurs, détenteurs ou non de machines agricoles, tout le monde est touché par cette crise. » Il rappelle également que la production rizicole des vallées aménagées, de Kédougou à Ziguinchor, dépend en grande partie du bassin de l’Anambé, qui approvisionne de nombreuses zones en semences grâce aux grands producteurs semenciers.
Conscients des conséquences à venir, il lance un avertissement : « L’impact risque d’être majeur si l’État ne prend pas très tôt des mesures adéquates pour éviter des répercussions allant jusqu’à une insécurité alimentaire. »
Lors de cette conférence de presse, le collectif a également dénoncé l’état des infrastructures. Dans une lettre adressée au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage du Sénégal (MASAE), ils pointent « la vétusté des aménagements, la dégradation des infrastructures hydroagricoles, des équipements et du matériel agricole, due à un manque d’entretien ». Le document évoque aussi « un système d’irrigation peu efficace, révélant des lacunes dans la gestion de l’eau et des pratiques agricoles ».
Les producteurs critiquent par ailleurs la mauvaise qualité des semences, qu’ils estiment responsable de faibles rendements. Ils demandent un réaménagement complet du périmètre ainsi que la création de nouveaux aménagements pour répondre à une demande largement supérieure à l’offre actuelle.
Enfin, le collectif plaide pour une redistribution des parcelles afin de servir le maximum de ménages, de renforcer la production familiale et de prévenir une insécurité alimentaire susceptible de toucher la majorité des villages environnants, dont l’activité principale reste la riziculture. Il demande également à l’État de mettre en place les conditions nécessaires pour permettre aux riziculteurs de démarrer au plus tôt la campagne de contre-saison.
B C