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C’est un célèbre défenseur des droits de l’Homme au Sénégal et à travers le monde qui va diriger le prochain Gouvernement. L’avocat Sidiki Kaba accède aux commandes dans un contexte pré-électoral riche en rebondissements politico-judiciaires.

Ancien Ministre de l’Intérieur, Sidiki Kaba a été nommé, Premier ministre, en remplacement de Amadou Ba. L’avocat et défenseur des droits de l’Homme quitte ainsi un département stratégique chargé de l’organisation des scrutins. Ce départ pour un palier supérieur survient dans un contexte pré-électoral riche en rebondissements politico-judiciaires, depuis la décision du Président Macky Sall de reporter la présidentielle avant que le Conseil constitutionnel n’annule son décret, le 15 février 2024.

C’est un homme qui a été en contact avec la gestion des affaires de l’État depuis bientôt plus de dix ans, pour avoir occupé, en 2013, le ministère de la Justice dans le Gouvernement de Aminata Touré. En 2017, il est nommé ministre des Affaires étrangères. Sur le terrain politique, Sidiki Kaba était tête de liste de « Benno Bokk Yaakaar » dans son fief, le département de Tambacounda, aux élections législatives de 2017. Mais l’homme s’est fait connaître bien avant grâce à sa toge d’avocat, puisque ses études supérieures le prédisposaient déjà à jouer un rôle dans le domaine de la justice. Après ses études primaires dans sa ville natale de Tambacounda, il fait son cycle secondaire au lycée Van Vollenhoven (actuel lycée Lamine Guèye), sanctionné par un baccalauréat en 1972, selon son profil sur le site du Gouvernement.

Né le 21 août 1950, il continue son cursus dans les universités d’Abidjan et de Dakar. Sidiki Kaba réussit alors à décrocher plusieurs diplômes : licences en Droit, en Philosophie et en Lettres modernes, et également une maîtrise en Droit des affaires. Le barreau de Dakar lui ouvre ses portes. Cependant, le nouveau Premier ministre ne s’en arrête pas là. Il poursuit en même temps ses études supérieures tout en enseignant le français au lycée Aké Loba d’Abidjan, de 1975 à 1978. L’avocat siège au conseil de l’Ordre au Sénégal de 1985 à 2000.

Plus de 40 ans d’engagement

Mais, il avait déjà commencé à se faire un nom dans la défense des droits de l’Homme comme l’illustre son adhésion à la section sénégalaise d’Amnesty International, en 1981. L’année 2000 a été une date marquante de son engagement lorsqu’il accède à la présidence de l’Organisation nationale de défense des droits de l’Homme (Ondh) après en avoir été le vice-président de 1987 à 1995. Loin de se limiter à l’échelle nationale pour défendre ses idéaux, Sidiki Kaba s’illustre aussi bien en Afrique que dans le reste du monde. C’est ainsi qu’il est élu président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme, à 51 ans, en janvier 2001.

Se consacrant particulièrement à la défense de la liberté de la presse, des droits des femmes, des droits politiques, de la lutte contre l’impunité, la peine de mort, il a apporté assistance à des personnalités célèbres. On peut citer le Président Alassane Ouattara, alors Premier ministre de Côte d’Ivoire, Idrissa Seck en 2005, les victimes tchadiennes de torture sous Hissène Habré. Ses états de service s’écrivent aussi avec l’affaire Norbert Zongo (journaliste burkinabè assassiné en 1998), les dossiers des opposants d’alors, Alpha Condé de Guinée (1998) et Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire (1992).

« Rassurez-vous »

Dans beaucoup de pays (Madagascar, Guinée Conakry, Gabon, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, etc.), l’avocat a été observateur de la Cour internationale de justice et de l’Onu lors d’élections. L’homme a, à son actif, plusieurs publications : « Défendre la Déclaration universelle des Droits de l’Homme » (1998), « Les Droits de l’Homme au Sénégal » (1997), « Les Droits de l’Homme en Afrique à l’aube du XXIe siècle » (1966).

Son prochain défi, c’est de réussir une bonne organisation de l’élection présidentielle. En tant que Ministre de l’Intérieur, Sidiki Kaba s’était voulu rassurant, le 27 décembre 2023, lors du vote du projet de budget de son département d’alors. « Rassurez-vous, comme nous l’avons toujours fait, nous voterons après tout ce que nous aurons connu comme les tensions et les propos que nous pouvons entendre le lundi pour pouvoir aller vaquer à nos affaires. C’est ce que nous connaissons. C’est ce que nous avons toujours connu. Et nous veillerons à ce qu’il en soit ainsi. Rassurez-vous ». Une assurance toujours d’actualité.

Avec le Soleil


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