Sénégal : Le journaliste René Capain Bassène libéré après une grâce présidentielle

Le journaliste et essayiste sénégalais René Capain Bassène, qui purgeait une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour son implication…
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Le journaliste et essayiste sénégalais René Capain Bassène, qui purgeait une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour son implication présumée dans le massacre de la forêt de Boffa-Bayotte, a recouvré la liberté ce mercredi 27 mai 2026 suite à une grâce accordée par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

La fin d’un long feuilleton judiciaire en Casamance

Arrêté en janvier 2018, René Capain Bassène était considéré comme le dernier détenu encore incarcéré dans le cadre de la tragique affaire de Boffa-Bayotte. Pour rappel, le 6 janvier 2018, quatorze coupeurs de bois avaient été froidement exécutés dans cette forêt classée de Casamance, au sud du Sénégal, un drame qui avait profondément ébranlé le pays et le processus de paix régional.

Spécialiste du conflit casamançais et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, le journaliste avait été accusé d’être l’un des cerveaux de cette tuerie. En 2022, le tribunal de grande instance de Ziguinchor l’avait condamné à la prison à vie pour complicité d’assassinat et participation à un mouvement insurrectionnel. Une sentence confirmée en appel en 2024, puis rendue définitive par la Cour suprême en mai 2025.

Vers un apaisement politique et social

Tout au long de ses huit années de détention à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Ziguinchor, René Capain Bassène n’a cessé de clamer son innocence, allant jusqu’à mener une grève de la faim particulièrement éprouvante en 2025 pour protester contre sa condamnation.

Sa situation avait suscité une forte vague d’indignation et une mobilisation constante de la part des organisations de défense des droits de l’homme, des syndicats de la presse et d’organismes internationaux comme le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui dénonçaient une erreur judiciaire.

En signant ce décret de grâce, le président Bassirou Diomaye Faye pose un acte fort. Pour de nombreux observateurs, cette décision s’inscrit dans une volonté d’apaisement social et politique, marquant la clôture définitive de l’un des dossiers judiciaires les plus sensibles de la décennie au Sénégal.

Lang Fils

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