En marge de la grande finale du Tournoi de la Cohésion Sociale, organisée par la jeunesse de Saré Djimby sous le parrainage du Docteur Abdoulaye Faty, Maire de Kolibantang, une conférence éducative de haute portée s’est tenue sur la place publique du village. Entre 14h30 et 16h30, l’événement a réuni une audience nombreuse composée de parents, d’élèves, d’enseignants et d’autorités locales autour d’un diagnostic sans complaisance. L’animation a été assurée par Monsieur Valery Édouard Martin Diandy, professeur de Français au Lycée de Dianna Malary, qui a traité un sujet brûlant : la baisse du niveau des élèves.
Un thème choisi à dessein
Ce choix thématique loin d’être fortuit, répond à une réalité alarmante : lors du dernier baccalauréat, un seul candidat de Saré Djimby a décroché son diplôme, tandis que les taux de passage en classe supérieure se sont révélés catastrophiques. Face à ce constat qui interpelle toute la communauté, le conférencier a minutieusement analysé les causes de ce déclin.
Des causes multiples et profondes
Monsieur Diandy a d’abord pointé des habitudes quotidiennes nuisibles, comme la consommation excessive de thé et l’écoute constante de musique, qui parasitent la concentration. Il a également dénoncé le phénomène des « Vautours Autorisés Partout » (VAP), ces élèves qui désertent les études pour courir les cérémonies familiales et religieuses par simple appât du gain matériel. Ce premier constat a été résumé sous l’acronyme d’un système « LMD » détourné : Lutte, Musique et Danse.
L’exposé a aussi révélé une crise de sens. Le conférencier distingue trois profils d’élèves en dérive : les « accompagnateurs » qui suivent les meilleurs sans ambition personnelle, ceux qui viennent à l’école par simple ennui, et enfin la génération « ka birkinting – ka mamandi ». Cette dernière, ultra-connectée, privilégie les réseaux sociaux et les relations d’intérêt avec des « Super Thiof de Luxe » (STL) — commerçants, transporteurs ou même enseignants — pour obtenir avantages matériels ou notes de complaisance, au détriment du travail personnel.
Autres facteurs aggravants
Le diagnostic s’est poursuivi sur les failles pédagogiques et sociales : lacunes profondes dès l’élémentaire, manque de respect envers les professeurs, mariages et grossesses précoces, ou encore l’éloignement des établissements. Le conférencier a particulièrement fustigé le retard de la rentrée scolaire, souvent repoussée à novembre à cause d’un autre système « LMD » (Lavage de circoncis, Matchs, Diambadong), rappelant que le temps perdu ne se rattrape jamais. Il a enfin déploré le recours aux charlatans en fin d’année au détriment des révisions finales.
Un appel à la responsabilité collective
En conclusion, cette rencontre a servi de tribune pour lancer un appel solennel à l’union. Élèves, parents et leaders locaux ont été invités à replacer l’école au cœur des priorités. Cette initiative démontre que la véritable cohésion sociale ne peut se construire sans une éducation forte, pilier indispensable du développement de Saré Djimby.
Chérif Macoulong Touré