Le travail occupe une place centrale dans la spiritualité musulmane, au point que certains péchés ne trouvent leur rédemption que par l’effort quotidien. Un jour, le Prophète (pbsl) expliqua à ses compagnons qu’il existe des fautes que ni la prière, ni le jeûne, ni le hajj ne peuvent expier. À leur interrogation sur le moyen d’effacer de tels péchés, le Messager d’Allah (pbsl) répondit que seul le fait d’offrir à manger à ses enfants en exerçant une activité licite permet d’obtenir ce pardon. Dans la même perspective, il a affirmé, selon un rapport de Tabarani, que celui qui s’endort épuisé par son labeur de la journée voit ses péchés pardonnés au cours de sa nuit.
Un impératif divin et une forme d’adoration
Le travail est avant tout une obligation dictée par le Créateur. Dans la Sourate du Vendredi (Al-Jumu‘a), Dieu nous enjoint de nous disperser sur Terre une fois la prière achevée pour rechercher Ses bienfaits, tout en gardant Son Nom à l’esprit pour atteindre le bonheur. Au-delà du devoir, le travail est une véritable adoration. L’Élu (pbsl) a juré, au nom d’Allah l’Omnipotent, qu’il est bien préférable pour un homme de prendre une corde, de ramasser du bois et de le vendre sur son dos, plutôt que d’attendre les dons d’autrui ou de mendier. Cette dignité par l’effort est le socle de la vie du croyant.
L’exigence de la licéité et la pureté des gains
Le Prophète (pbsl) a comparé le monde à un fruit vert et frais, soulignant que celui qui gagne sa vie de manière licite sera récompensé par une place au paradis, tandis que les gains illicites conduisent à l’enfer. Il a rappelé avec fermeté que celui qui se nourrit de ce qui est haram n’entrera pas au Paradis. Le véritable bonheur appartient à celui qui gagne sa vie honnêtement, dont le cœur est propre, l’apparence belle, et qui ne cause aucun tort à autrui. Ce sage utilise ses connaissances et ses biens sur la voie d’Allah, fuyant les paroles inutiles.
L’exemple des Prophètes et l’amour d’Allah pour le travailleur
L’histoire prophétique illustre magnifiquement cette valeur. Lors d’une rencontre avec Sa’d Ibn Muadh (r.a), le Prophète (pbsl) remarqua la callosité de ses mains. Sa’d expliqua qu’elles étaient marquées par le dur labeur destiné à nourrir ses enfants et s’acquitter de ses charges. Le Messager (pbsl) déclara alors que ce sont ces mains-là qu’Allah aime. Il a également enseigné que le meilleur repas est celui issu du propre labeur de chacun, citant l’exemple du Prophète Dawûd (as). De plus, il a rappelé que chaque prophète, y compris lui-même, a exercé le métier de berger. Allah aime le croyant qui possède un métier et préfère le croyant fort, capable de subvenir à ses besoins, tout en reconnaissant le bien en chacun.
Justice et éthique dans les relations professionnelles
L’Islam encadre aussi rigoureusement les relations entre employeurs et employés. Le Prophète (pbsl) a ordonné aux patrons de verser le salaire avant que la sueur du travailleur ne sèche. Il a même prévenu qu’au Jour du Jugement, il sera l’adversaire de celui qui emploie une personne sans lui verser sa juste rétribution. Du côté de l’employé, l’excellence est de mise : Allah aime celui qui, lorsqu’il accomplit une tâche, la perfectionne. Si l’employeur et l’employé s’entraident dans la conscience que leur lien est une forme d’adoration, la société ne connaîtra que bonheur et épanouissement.
Je vous souhaite une excellente fête du travail.
Al Amine Farba Sané, Enseignant et guide religieux