La Guinée adopte sa nouvelle Constitution : Le oui remporte dans un référendum controversé

CONAKRY – La Guinée a adopté sa nouvelle Constitution à l’issue d’un référendum constitutionnel qui s’est déroulé le 21 septembre…
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CONAKRY – La Guinée a adopté sa nouvelle Constitution à l’issue d’un référendum constitutionnel qui s’est déroulé le 21 septembre 2025. Le « oui » l’a emporté avec plus de 89 % des voix, selon les résultats provisoires publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) le 24 septembre. Cependant, le scrutin, qui ouvre la voie à un retour à l’ordre constitutionnel, est loin de faire l’unanimité.

Une nouvelle loi fondamentale au cœur des critiques

Le référendum a été initié par la junte militaire au pouvoir, dirigée par le général Mamadi Doumbouya, qui avait promis de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle après avoir renversé le président Alpha Condé en 2021. La nouvelle Constitution est au cœur d’une controverse majeure : elle permet désormais aux membres de la junte de se porter candidats. De plus, elle allonge le mandat présidentiel de cinq à sept ans et crée un Sénat dont un tiers des membres serait nommé par le président.

Un scrutin controversé, l’opposition dénonce une « mascarade »

L’opposition guinéenne a vivement critiqué le processus, le qualifiant de « mascarade » et de tentative de légitimer le pouvoir de la junte. Elle a appelé au boycott du scrutin, arguant que le processus n’était ni transparent ni équitable. Des observateurs indépendants et des associations de la société civile ont également soulevé des préoccupations, citant des coupures d’Internet le jour du vote, des retards dans l’ouverture des bureaux de vote et des problèmes logistiques.

Quelles perspectives pour la Guinée ?

Malgré la victoire du « oui », le référendum laisse un pays polarisé. L’adoption de cette nouvelle Constitution soulève de sérieuses questions sur l’avenir politique du pays, notamment sur la capacité de la junte à organiser des élections transparentes et sur la possibilité d’une candidature du général Doumbouya, ce qui pourrait engendrer de nouvelles tensions. Les résultats définitifs doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle.

Lang Fils