A Nanterre, un adolescent de 17 ans a été abattu froidement par la police lors d’un contrôle routier. Un meurtre policier où le « refus d’obtempérer » a été invoqué.
Les faits se sont déroulés le mardi matin vers 8h30 à côté de Nanterre Préfecture : un véhicule a été contrôlé et immobilisé sur le bas côté par deux policiers. Le conducteur qui s’appelle Naé, un jeune lycéen âgé de 17 ans, a arrêté son véhicule, puis a tenté de redémarrer, alors que l’un des policiers pointait son arme sur lui à bout portant. Le policier a alors ouvert le feu, entraînant la mort de l’adolescent. Le véhicule s’est ensuite écrasé contre un panneau de signalisation.
Selon la version des policiers, le conducteur a foncé sur un policier qui tentait de l’arrêter » Dans la vidéo, on discerne également la voix du policier qui dit, tandis qu’il menace l’adolescent avec son arme : « je te tire dans la tête ». Le syndicat policier Alternative Police rajoute sur Sud radio : « Il était très défavorablement connu des services de police. Le refus d’obtempérer met en péril la vie des policiers et de la population ».
Une enquête, confiée au commissariat de Nanterre et à la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine, a été ouverte pour refus d’obtempérer et tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique, a indiqué le parquet.
Une autre enquête, ouverte pour homicide volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique, a été confiée à l’IGPN (Inspection générale de la police nationale), la police des polices. « Les policiers sont en ce moment auditionnés par les services de justice », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, depuis l’Assemblée nationale.
En fin d’après-midi, un des policiers était toujours en garde à vue. « Les opérations de dépistage d’alcoolémie et de consommation de produits stupéfiants ont été réalisées et se sont avérées négatives », selon un communiqué du parquet en fin d’après-midi.
La famille a fait part, par la voie de leurs avocats, de son intention de déposer plainte. Une pour meurtre, visant le policier qui a ouvert le feu, et une autre pour faux en écriture publique.
Des violences ont éclaté mardi soir et dans la nuit dans plusieurs villes de France, dont Nanterre. Afin de prévenir de nouveaux incidents, 2000 policiers et gendarmes vont être mobilisés ce mercredi soir, annonce le ministre de l’Intérieur.
Emmanuel Macron a parlé d’un drame « inexplicable, inexcusable » et demandé du « calme pour que la justice se fasse ».