Le dénouement judiciaire vient de marquer un tournant décisif dans l’affaire qui opposait l’ancien Directeur Général de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS) aux sociétés VICAS et DELTA. Après une éprouvante bataille médiatique et judiciaire de deux ans, le Tribunal a rendu son verdict en déboutant intégralement les deux entreprises de l’ensemble de leurs poursuites. Cette décision, accueillie avec sérénité par le principal intéressé, résonne comme une victoire pour les partisans de la transparence et de la bonne gouvernance au Sénégal.
Un verdict qui consacre le statut de lanceur d’alerte
À l’origine de ce bras de fer, les déclarations de Dr Cheikh Dieng suite à son limogeage de la direction de l’ONAS avaient suscité une vive polémique. Poursuivi pour diffamation, calomnie et diffusion de fausses nouvelles, l’ex-Directeur Général avait ouvertement dénoncé l’interruption frauduleuse de marchés publics réguliers au profit d’ententes directes, s’appuyant sur des rapports internes évoquant des défaillances majeures et des interventions extérieures dans les processus de passation. Malgré des réclamations financières colossales se chiffrant à plusieurs milliards de francs CFA et des menaces de contrainte par corps, le Tribunal a estimé que les preuves matérielles produites par la défense étaient irréfutables.
Pour Dr Cheikh Dieng, cette issue judiciaire consacre un principe démocratique fondamental : la protection des responsables publics qui refusent de se taire face à des pratiques contraires à l’intérêt collectif. Il réaffirme que sa démarche n’a jamais été animée par des ressentiments personnels, mais par la volonté de dénoncer un système de prédation des ressources publiques sous l’ancien régime, estimé à plus de 560 milliards de francs CFA.
La responsabilité politique en question
Au-delà de la stricte vérité judiciaire, l’affaire soulève des interrogations profondes sur le fonctionnement des institutions et la gestion du débat public. L’ancien dirigeant s’interroge sur la volonté manifeste du pouvoir de l’époque de criminaliser une alerte de gouvernance et de cibler le messager plutôt que de répondre sur le fond du dossier.
Dans cette perspective, Dr Cheikh Dieng pointe à nouveau la responsabilité politique du ministre Cheikh Tidiane Dièye, qu’il désigne comme l’acteur central des décisions de rupture et de réattribution des marchés contestés. Excluant toute animosité, il invite désormais le ministre à fournir des clarifications transparentes aux citoyens sénégalais concernant la gestion des deniers publics et les arbitrages administratifs de cette période.
Une victoire collective pour l’éthique républicaine
Saluant le travail de ses conseils, Maîtres Baba Diop, Moustafa Dieng et El Hadji Diouf, le Dr Dieng dédie ce verdict à l’ensemble des citoyens et serviteurs de l’État qui privilégient l’éthique et la conscience professionnelle au détriment des privilèges de fonction.
Ce dénouement, qui s’ajoute à un classement sans suite antérieur, met définitivement un terme à une campagne de dénigrement prolongée. En réaffirmant son engagement pour l’avenir du pays, l’ancien Directeur Général de l’ONAS conclut ce chapitre en rappelant que si la justice s’est aujourd’hui prononcée sur les faits, il appartiendra désormais à l’Histoire de juger les responsabilités de chacun.