À l’instar des grands rendez-vous religieux qui rythment la vie spirituelle au Sénégal, le Dahira Sopé Mawlana Cheikh Ibrahima Souané RTA, basé aux Parcelles Assainies, a célébré la troisième édition de son Thiant annuel dédié à la mémoire et à l’œuvre du regretté guide. Organisé à l’Unité 8, au croisement 22, à proximité de la Grande Mosquée Jummah, cet événement a réuni une foule immense de disciples, de fidèles et d’autorités religieuses venus communier autour des enseignements d’un homme dont la piété et la sagesse continuent d’éclairer la communauté musulmane.
La cérémonie a débuté dans une ferveur exceptionnelle lors de l’accueil réservé à Elhadji Mamadou Souané, fils du défunt Khalife, qu’une procession fraternelle a escorté depuis le rond-point Case Bi jusqu’au site de la manifestation. Tout au long de cette journée de grâce, marquée par la coordination de figures telles que Cheikh Ibrahima Mané Alalou Borom Madina ou Cheikh Mohammed Koma Cheikhoul Islam, les participants ont alterné lectures du Saint Coran et chants religieux pour implorer la paix et la prospérité sur le Sénégal.
L’un des moments les plus marquants de cette édition fut sans conteste le témoignage vibrant de Cheikh Lamine Dabo, l’un des initiateurs du projet, qui est revenu avec émotion sur la dimension mystique de Cheikh Ibrahima Souané. Il a insisté sur le privilège historique du village de Madina Souané d’avoir abrité un tel guide, rappelant que l’homme a consacré quarante-cinq années de sa vie au khalifat général après y être accédé en 1972 à l’âge de quarante-quatre ans. Cheikh Lamine Dabo a brossé le portrait d’un bâtisseur infatigable qui a marqué son époque par un attachement viscéral aux valeurs de justice, d’équité et de fraternité humaine.
Dans son récit détaillé, Cheikh Lamine Dabo a particulièrement mis en exergue la réalisation de la grande mosquée de Madina Souané, un édifice colossal construit sans aucun appui étatique, symbolisant ainsi la détermination et l’indépendance spirituelle du saint homme. Il a expliqué que le vénéré Cheikh s’était totalement libéré des contingences matérielles pour se vouer exclusivement à l’éducation de ses disciples et à la pratique rigoureuse de la Sunna du Prophète Mohammed (PSL).
Les témoignages recueillis durant cette journée, portés par la voix de Cheikh Lamine Dabo et d’autres dignitaires, ont unanimement souligné que la modestie et l’humilité du défunt Khalife constituaient un modèle de soufisme pur pour les générations actuelles. En clôturant ce rendez-vous, le Dahira Sopé Mawlana a réaffirmé son engagement à préserver ce legs inestimable afin que les valeurs de solidarité et de paix portées par Cheikh Ibrahima Souané continuent de rayonner durablement à travers le pays.