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Le Conseil de l’Ordre des avocats a suspendu Me El Hadji Diouf pour des manquements, notamment les sorties médiatiques «répétées» sur un dossier pendant devant la justice : il s’agit de l’affaire Adji Sarr-Sonko, qui s’est retrouvée devant la Chambre criminelle. «Malgré les mises en demeure, il persiste à faire des communications. On ne peut pas dire qu’on est avocat, et faire des communications comme on le veut et même sur un dossier pendant en justice. Le conseil n’est pas à la solde du pouvoir. Et c’est pour cette raison que le Conseil a décidé de le suspendre», a confié un membre du Conseil de l’ordre qui a requis l’anonymat. En attendant son jugement devant le Conseil, Me El Hadji Diouf n’exercera pas sa fonction d’avocat. Un autre dossier pourrait aussi se greffer à la procédure de suspension.

Il faut savoir que mardi, plusieurs procès n’ont pas pu se tenir du fait que plusieurs avocats étaient à cette réunion. Pour l’instant, la durée de cette suspension n’a pas été précisée. Personne ne sait alors s’il sera présent lors du procès de Sonko pour défendre sa cliente, car il devra s’expliquer devant le jury de ses confrères dans les prochains jours.

Le Conseil de discipline de l’Ordre va se réunir le 28 février prochain pour statuer sur la suspension de Me El Hadji Diouf. En attendant la future décision, cette affaire soulève beaucoup de questions alors que l’on s’achemine vers le procès Sonko-Adji Sarr.
En effet, la composition actuelle du Conseil de l’Ordre des avocats soulève quelques questions. Car deux avocats qui y siègent restent aussi des défenseurs du maire de Ziguinchor. Il s’agit de Mes Bamba Cissé et Ciré Clédor Ly. Y’aurait-il une incidence dans l’instruction du dossier ?
Ne sont-ils juge et partie dans cette affaire, s’interroge Le Quotidien. Pour certains, ce ne sera pas un souci. Pour d’autres, il y a trop de poids sur la balance.

Ce qui aurait dû permettre de différer la décision. Il faut savoir que les peines disciplinaires sont l’avertissement, la réprimande, l’interdiction temporaire d’exercer qui ne peut excéder trois années, la radiation du tableau des avocats ou de la liste du stage. Selon la loi n° 2009-25 du 8 juillet 2009 portant modification de la loi n° 84-09 du 4 janvier 1984 complétée par la loi n° 87-30 du 28 décembre 1987 relative à l’Ordre des avocats, l’interdiction temporaire comporte, en outre, la privation du droit de faire partie du Conseil de l’Ordre pendant une durée, n’excédant pas dix ans, fixée par la décision qui prononce la peine.


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