L’entretien accordé hier 2 mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye à Pape Alé Niang (RTS), Moustapha Diop (WALF) et Elhadji Assane Guèye (TFM) met en lumière une ligne de conduite mêlant pragmatisme économique et fermeté politique, dans un contexte marqué par des attentes sociales fortes et des tensions internes au pouvoir.
Sur le plan économique, le chef de l’État a écarté toute rupture avec le Fonds monétaire international, confirmant la poursuite des négociations en vue d’un nouveau programme. Une position qui traduit une volonté de stabilité financière et de continuité dans les engagements internationaux du Sénégal, malgré les attentes d’une partie de l’opinion en faveur d’un changement plus radical.
Interrogé sur les fonds politiques, Bassirou Diomaye Faye a défendu une gestion qu’il qualifie d’« équilibrée », assumant une part d’opacité jugée nécessaire au fonctionnement de l’État. Selon lui, ces ressources permettent de répondre à des impératifs stratégiques et à des urgences, un argument qui relance toutefois le débat sur la transparence dans la gestion publique.
Sur le plan social, le président a réaffirmé son engagement à améliorer le pouvoir d’achat des Sénégalais, évoquant des mesures en cours pour stabiliser les prix et soutenir les ménages, sans toutefois annoncer de résultats immédiats.
L’entretien a également été marqué par des prises de position politiques notables. Le chef de l’État a exprimé ses réserves quant à l’initiative des députés de PASTEF visant à modifier le code électoral, estimant ne pas en percevoir l’urgence. Une déclaration qui met en évidence des divergences au sein même du camp présidentiel.
Dans le même élan, Bassirou Diomaye Faye a lancé un avertissement à son parti, appelant à un recentrage sur ses valeurs fondatrices, sous peine de voir sa crédibilité s’éroder. Une sortie qui souligne les défis de cohésion auxquels fait face la formation au pouvoir.
Concernant ses relations avec le Premier ministre Ousmane Sonko, le président a reconnu l’existence de divergences tout en réaffirmant sa confiance, qu’il présente néanmoins comme conditionnelle. Il a, par ailleurs, rejeté toute lecture « messianique » du leadership politique, insistant sur la primauté des institutions.
À travers cet entretien, Bassirou Diomaye Faye apparaît soucieux de consolider son autorité tout en maintenant un équilibre entre engagements économiques, exigences de gouvernance et gestion des dynamiques internes à PASTEF. Un exercice délicat dans un contexte politique en pleine recomposition.
Chérif Macoulong Touré