BANI WALID – Quatre jours après sa mort tragique à Zintan, Saïf al-Islam Kadhafi a été enterré hier à Bani Walid. L’événement a donné lieu à une mobilisation populaire d’une ampleur inédite, témoignant de l’influence persistante de la famille Kadhafi dans le paysage politique libyen.
Une inhumation sous haute tension
Le corps de Saïf al-Islam, tué le mardi 6 février 2026 à Zintan, a été transporté vers Bani Walid, ville symbole de la résistance de l’ancien régime. Après la grande prière du vendredi, le défunt a été mis en terre aux côtés de son frère Khamis et de son grand-père.
Si l’accès au cimetière a été strictement réservé à la famille et aux proches, l’extérieur des murs était noir de monde. Des milliers de citoyens ont fait le déplacement pour rendre un dernier hommage à celui qu’ils considéraient comme le seul capable de restaurer la stabilité du pays.

Un symbole politique intact
Dans les rues, l’émotion était palpable. Les manifestants ont hissé les drapeaux verts, autrefois emblèmes de la Jamahiriya, tout en scandant des slogans dénonçant l’intervention de l’OTAN de 2011, perçue par la foule comme la source du chaos actuel.
L’absence des membres de la fratrie (ses trois frères et sa sœur), toujours contraints à l’exil pour leur sécurité, a été compensée par une présence numérique forte. Saadi Kadhafi a notamment réagi sur le réseau X, qualifiant ces funérailles de « référendum national » et affirmant que son frère avait, par cette ferveur, « remporté les élections après sa mort ».
Quel avenir pour la Libye ?
Cet assassinat et la démonstration de force populaire qui a suivi marquent un tournant majeur. Sans la figure de proue qu’était Saïf al-Islam, l’équilibre précaire entre les différentes factions libyennes est de nouveau menacé, alors que le pays cherche toujours une issue à la transition politique.