La municipalité de Marsassoum, située dans la région de Sédhiou, se retrouve au cœur d’une onde de choc judiciaire suite au démantèlement d’une filière sophistiquée de falsification de documents d’état civil. Selon les révélations publiées par le quotidien L’Observateur dans son édition du vendredi 23 janvier 2026, cette affaire a conduit à l’arrestation de quatre individus, dont la pièce maîtresse n’est autre que la responsable du centre d’état civil local, connue sous le nom de Ndioma Sylla.
D’après plusieurs sources concordantes, l’affaire a éclaté en novembre dernier à Dakar, lorsqu’une ressortissante de Guinée-Bissau, N. A. Mendes, a été prise en flagrant délit par la Direction de l’automatisation des fichiers (Daf). Elle tentait d’obtenir une carte nationale d’identité sénégalaise en présentant un extrait de naissance frauduleux, prétendument délivré par la mairie de Marsassoum. Immédiatement alertée, la Daf a saisi l’antenne de Ziguinchor de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (Dnlt). Lors de son interrogatoire, la mise en cause est rapidement passée aux aveux, reconnaissant avoir acheté le faux document pour 30 000 FCFA par l’entremise de son cousin, F. E. Mendes.
Cette confession a ouvert la voie à une enquête d’envergure révélant que cette fraude n’était pas un acte isolé mais le fruit d’un réseau bien structuré. F. E. Mendes a été interpellé à son tour en possession d’une pièce d’identité sénégalaise obtenue irrégulièrement. Les investigations ont ensuite mené à P. Gomis, un Agent de sécurité de proximité (Asp) en service aux Eaux et Forêts de Ziguinchor. Ce dernier a désigné un complice basé à Marsassoum, M. Sané, comptable matière au lycée local, qui servait de relais pour transmettre les informations des « clients » en échange d’une commission.
Le maillon central du réseau restait toutefois la responsable du centre d’état civil de la mairie de Marsassoum, M. Sylla, surnommée « Ndioma Sylla ». Selon les informations de L’Observateur, elle est accusée d’avoir inséré frauduleusement de fausses identités dans d’anciens registres en exploitant des pages vierges pour délivrer des extraits de naissance en apparence authentiques. Les auditions ont mis à nu la mécanique financière du groupe : sur les 30 000 FCFA payés par le bénéficiaire, 15 000 FCFA revenaient au fabricant du document, tandis que le reste était partagé entre l’intermédiaire, le comptable et la fonctionnaire municipale.
Face aux enquêteurs, M. Sylla a reconnu les faits sans détour, expliquant son mode opératoire consistant à falsifier les registres anciens contre rémunération. En conséquence, les registres incriminés ont été placés sous scellés. Les quatre principaux suspects — F. E. Mendes, P. Gomis, M. Sané et M. Sylla — ont été placés en garde à vue le 20 janvier pour faux et usage de faux, complicité, obtention indue de documents d’identité et association de malfaiteurs. La Dnlt poursuit désormais ses investigations pour déterminer l’ampleur réelle de ce trafic et identifier d’autres bénéficiaires potentiels.