Dar es Salam, Tanzanie – Un décret du 28 juillet, entré en vigueur immédiatement en Tanzanie, fait l’effet d’une bombe en interdisant aux ressortissants étrangers d’exercer dans une quinzaine de secteurs d’activité, désormais réservés aux citoyens tanzaniens. Une décision qui, selon les autorités, vise à protéger l’économie nationale et à favoriser l’emploi local.
Le ministre du Commerce, Séman Jafou, a justifié cette mesure en expliquant qu’elle était nécessaire pour contrer la concurrence étrangère dans des secteurs jugés vitaux pour l’économie tanzanienne. Cité notamment par Africanews, le ministre a déclaré que le gouvernement souhaitait « garantir que les opportunités économiques profitent d’abord à nos citoyens ». Parmi les activités désormais interdites aux étrangers figurent les salons de coiffure, les services de transfert d’argent mobile, la réparation de téléphones, ainsi que le commerce de détail et de gros.
Cette politique s’inscrit dans un contexte de nationalisme économique où le gouvernement tanzanien cherche à reprendre le contrôle de pans entiers de son économie. Une commission d’enquête gouvernementale avait en effet révélé que de nombreux entrepreneurs étrangers opéraient illégalement dans ces secteurs, souvent en utilisant de fausses licences.
Cependant, la décision suscite des inquiétudes et des tensions régionales. Le Kenya, en particulier, a exprimé son indignation, estimant que cette mesure viole les principes de libre circulation des biens et des personnes au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), un point soulevé par des médias comme TRT Global. Les critiques craignent que cette politique protectionniste n’entraîne des représailles commerciales et ne fragilise les accords d’intégration régionale.
En somme, si la Tanzanie voit dans ce décret un moyen de stimuler sa croissance économique de l’intérieur, ses voisins y voient un retour en arrière en matière de coopération et de libre-échange.