Koubony – Le Gamou annuel de Koubony s’est tenu ce jeudi 2 juillet dans une ambiance de grande dévotion, rehaussé par la présence de nombreuses autorités religieuses et coutumières. En accueillant les pèlerins, Solo Dramé, Insa Kébé et Monsieur Diaw, s’exprimant au nom du chef de village et du comité d’organisation, ont exprimé leur immense fierté quant à la réussite de l’événement. Ils ont également profité de l’occasion pour saluer les efforts déjà déployés par l’État du Sénégal à travers ses services déconcentrés.
Cependant, les festivités religieuses ont rapidement laissé place aux réalités quotidiennes d’une localité qui se sent délaissée. Les porte-paroles ont rappelé avec gravité que tout reste prioritaire à Koubony. L’école locale, privée de clôture et de point d’eau depuis sa création, symbolise à elle seule les manquements du système éducatif de la zone, tandis que le chantier de l’école coranique, entamé par les efforts financiers des populations, reste inachevé. À ces urgences s’ajoutent le manque criant d’accès à l’eau potable, l’absence totale de case de santé pour soigner les habitants, ainsi que le gel des travaux d’aménagement de la rive gauche du Pakao.
Cette précarité manifeste a capté l’attention de tous les fidèles, mais c’est un autre incident qui a cristallisé la colère des organisateurs. L’absence injustifiée du sous-préfet et du maire, qui n’ont pas daigné envoyer le moindre représentant, a été vivement dénoncée par le président du Dahira, Arfang Abdoulaye Cissé, ainsi que par ses prédécesseurs. Ce dernier a d’ailleurs rappelé qu’il avait personnellement acheminé les invitations officielles. Si le comité d’organisation reconnaît avoir bénéficié d’un appui matériel ou financier de la municipalité, le manque de considération physique des élus locaux a laissé un goût amer. Pour les leaders d’opinion de Koubony, ces rassemblements annuels sont pourtant des espaces indispensables de dialogue et de communion entre les administrés et leurs dirigeants.
Malgré ces tensions et ces revendications légitimes, la dignité a prévalu. La cérémonie s’est achevée dans la communion avec des prières collectives ferventes, implorant la paix, la cohésion sociale et la prospérité pour l’ensemble du Sénégal.