« Tous les commerçants ont répondu à l’appel » : Ballaké Dramé salue la réussite de la grève contre les abus du contrôle économique à Sédhiou

La région de Sédhiou a été le théâtre d’une paralysie commerciale majeure ces derniers jours. Les commerçants de la région…
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La région de Sédhiou a été le théâtre d’une paralysie commerciale majeure ces derniers jours. Les commerçants de la région ont observé une grève générale largement suivie pour protester contre ce qu’ils qualifient de dysfonctionnements graves et de pratiques abusives de la part du service régional du contrôle économique.

Un dialogue rompu et des saisies contestées

Moussa Dramé, dit « Ballaké », président des commerçants de la région de Sédhiou, explique que ce mouvement d’humeur est l’aboutissement d’une accumulation de frustrations. Au cœur du conflit : le retrait du marché du produit « Softiscaire » pour un prétendu défaut de fabrication. Selon le président des commerçants, ces saisies ont été opérées sans procès-verbal ni convocation, alors même qu’une circulaire officielle aurait ultérieurement confirmé la conformité du produit.

La situation s’est envenimée suite au refus de dialogue du chef du service régional, Ibrahima Ngom. Ce dernier aurait décliné toute audience avec Ballaké Dramé, l’accusant de nuire à sa réputation.

Des tarifs de poinçonnage jugés exorbitants

Outre les saisies de marchandises (couches pour bébés, produits hygiéniques), les commerçants dénoncent une hausse vertigineuse des frais de poinçonnage des balances. Les tarifs auraient doublé, passant par exemple de 3 000 FCFA à 6 000 FCFA. Plus grave encore, les grévistes fustigent l’obligation de payer un « balancier » privé, recruté par le service de contrôle mais rémunéré par les commerçants via des reçus non officiels.

Le bras de fer sur le Registre de Commerce (OHADA)

Un point juridique majeur oppose également les deux parties : la validité du registre de commerce. Le service régional exigerait des documents exclusivement délivrés à Sédhiou. Une position fermement rejetée par les commerçants qui invoquent les textes de l’OHADA. Ils rappellent que le registre de commerce permet d’exercer sur tout le territoire national et que les documents établis à Kolda (avant la création de la région de Sédhiou) demeurent parfaitement valides.

Un cri d’alarme vers les autorités

Face au succès du débrayage, Moussa Dramé s’est félicité de la solidarité de ses pairs :

« Tous les commerçants ont répondu à l’appel, preuve de l’unité et de la gravité de la situation. »

Le collectif appelle désormais les autorités ministérielles et administratives à intervenir d’urgence pour rétablir la légalité et apaiser le climat social afin de relancer l’économie régionale.

Amadou Bamba KONTA

KERANOS MEDIA

Admin

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