Monnaie unique de la Cédéao : cap sur un lancement progressif de l’ECO après le sommet de Lungi

Réunis le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des…
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Réunis le 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont acté une réorientation stratégique majeure : seuls les pays satisfaisant aux critères de convergence économique participeront à la première phase du déploiement de l’ECO.

Conçue comme un catalyseur majeur de l’intégration régionale, la future monnaie commune vise à stimuler une croissance plus durable, résiliente et inclusive. Pour les États membres ne respectant pas encore les exigences macroéconomiques requises, un dispositif d’accompagnement spécifique sera mis en place afin de faciliter leur adhésion progressive à l’union monétaire.

Ce choix pragmatique marque une rupture avec l’approche retenue lors du sommet d’Abuja en décembre 2025. À cette occasion, les dirigeants régionaux avaient fait part de leurs vives inquiétudes face aux retards accumulés sur la feuille de route initiale et aux difficultés structurelles de plusieurs économies à respecter les normes de convergence. Ils avaient alors appelé à une accélération décisive des réformes et à la relance des travaux de la Task Force présidentielle.

Des avancées techniques et juridiques majeures

À Lungi, les dirigeants ouest-africains ont salué la qualité des consultations menées entre la Commission de la Cédéao et les gouverneurs des banques centrales de la région, ayant permis de dégager un consensus sur plusieurs dossiers techniques complexes.

Sur le plan juridique, l’enregistrement officiel de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) a été accueilli comme une étape cruciale vers la concrétisation du projet. Les chefs d’État ont exhorté la Commission et l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) à poursuivre leurs concertations avec les institutions bancaires centrales afin d’imprimer la même dynamique au niveau international.

Par ailleurs, la Conférence a validé l’intégration de la Guinée au sein de la Task Force présidentielle dédiée à la monnaie unique. La Commission aura pour mission d’organiser une session de travail de cette instance d’ici le sommet de décembre 2026, en lien avec la présidence ivoirienne, dernier membre fondateur encore en exercice dans ce comité.

Des obstacles structurels et géopolitiques persistent

Malgré ces avancées, l’ambition de substituer l’ECO aux monnaies nationales se heurte à une forte hétérogénéité monétaire. La région reste partagée entre :

  • Les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui partagent le franc CFA ;
  • Sept États disposant chacun de leur propre devise (notamment le naira nigérian, le cedi ghanéen, le franc guinéen, le dollar libérien, le dalasi gambien, le leone sierra-léonais et l’escudo cap-verdien).

À ces complexités financières s’ajoute une équation géopolitique inédite. Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao pose la question de leur articulation avec le futur ensemble monétaire. Ces trois nations demeurent membres de l’UEMOA et usagères du franc CFA. Le communiqué final de Lungi laisse toutefois planner un flou stratégique sur leur statut à terme dans le déploiement progressif de l’ECO.

Lang Fils

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