C’est dans la salle des délibérations de la mairie que s’est tenue, ce vendredi 24 juillet, la traditionnelle réunion de concertation entre producteurs et éleveurs de la commune de Kolibantang. Dirigée par le maire, le docteur Abdoulaye Faty, l’assemblée a rassemblé de nombreux chefs de village et conseillers municipaux désireux d’anticiper la gestion de la campagne agricole. Après les salutations d’usage, l’édile a rappelé les enjeux majeurs de cette rencontre tout en présentant ses excuses pour sa tenue tardive par rapport au début de l’hivernage, un retard occasionné par un voyage hors du pays. S’appuyant sur l’article 16 du Code pastoral qui habilite les collectivités territoriales à identifier les parcours du bétail, la municipalité a guidé les débats vers la mise en place de dispositions concrètes visant à prévenir les tensions.
Au cœur des résolutions adoptées figure la réglementation stricte de l’élevage, matérialisée par l’interdiction totale de la divagation des animaux sur toute l’étendue du territoire communal à compter du lundi 27 juillet 2026 et jusqu’au vendredi 15 janvier 2027. Dans la même logique de prévention, une démarche de concertation transfrontalière a été engagée en donnant mandat au président des chefs de village et à la commission domaniale pour échanger avec leurs homologues de la commune voisine de Niagha. Cette initiative permettra d’exploiter rationnellement la forêt partagée, tout en sanctifiant les abords des étangs où s’abreuvent les troupeaux. Afin de sécuriser ces espaces, le Sous-Préfet sera officiellement saisi pour accompagner l’identification et la précision des limites territoriales intercommunales.
Pour renforcer l’efficacité de la médiation locale, la commune a été découpée en quatre grands secteurs géographiques englobant l’Est, le Centre, l’Ouest et le Centre-Ouest. Cette organisation offre un cadre d’échange permanent aux chefs de village d’un même sous-espace pour désamorcer rapidement les litiges naissants. Une vigilance particulière sera accordée à la vallée traversant les localités de Moyafara, Kocoum Peulh, Bonconding, Mobaya et Sobaly, reconnue comme la zone d’affrontement potentiel la plus critique. L’ensemble de ce dispositif s’accompagne de la préservation absolue des passages pastoraux pour garantir aux animaux un accès fluide aux ressources vitales. Fructueuse et empreinte de sérénité, la rencontre s’est conclue par des prières collectives pour la réussite de la saison des pluies.
MK Solly