Il y a 70 ans jour pour jour, Paris s’est réveillée sous les voix du monde noir. Du 19 au 22 septembre 1956, l’amphithéâtre Descartes de la Sorbonne accueille le premier Congrès international des écrivains et artistes noirs, porté par le Sénégalais Alioune Diop, fondateur en 1947 de la revue Présence Africaine.

Diop rêvait d’un « Bandung culturel panafricain », en écho à la conférence afro-asiatique de 1955. Dix-huit mois de préparation, 25 pays représentés, et un comité réunissant Aimé Césaire, Léopold Senghor, Richard Wright ou Paul Hazoumé. Sur les 42 communications prévues, 27 seront finalement prononcées.

Les débats tournent vite à l’affrontement. Senghor défend l’unicité de la civilisation négro-africaine, d’autres réclament une lecture plus historique. Quand Césaire relie le sort des Afro-Américains à la colonisation, des écrivains américains présents dans la salle s’insurgent et menacent de quitter les lieux.

Malgré les clivages, Diop arrache une résolution finale saluant la solidarité des peuples noirs. Un congrès resté dans l’histoire comme l’acte de naissance d’une pensée africaine assumée face au monde.