À deux jours de l’audience cruciale du jeudi 8 janvier 2026, la capitale sénégalaise retient son souffle. La Chambre administrative de la Cour suprême s’apprête à examiner le recours de Barthélémy Dias contre son éviction. Entre bataille de procédures et enjeux politiques majeurs, ce verdict pourrait remettre en question l’actuelle gouvernance de la Ville de Dakar.
Par la Rédaction
Le feuilleton judiciaire entourant la mairie de Dakar s’offre un nouveau chapitre, peut-être le plus décisif. Après l’installation d’Abass Fall au fauteuil de maire en août 2025, beaucoup pensaient la page Barthélémy Dias définitivement tournée. Pourtant, l’ancien édile, par le biais de ses conseils, vient de relancer la machine judiciaire devant la plus haute instance du pays.
L’arrêté préfectoral au cœur des débats
Le contentieux repose sur un point de droit administratif fondamental : la légalité de l’arrêté préfectoral ayant constaté la démission d’office de Barthélémy Dias fin 2024. Pour les avocats de la défense, cet acte est entaché d’un « excès de pouvoir ». Ils soutiennent que le Préfet de Dakar a empiété sur une prérogative exclusivement réservée au Président de la République, qui, selon le Code des Collectivités territoriales, doit agir par voie de décret pour révoquer un maire.
Walf et RFM sur le qui-vive
L’effervescence médiatique témoigne de l’importance du moment. Sur les ondes de la RFM, les chroniqueurs soulignent que cette audience ne concerne plus le fond de l’affaire pénale « Ndiaga Diouf », mais bien la forme administrative de la déchéance. De son côté, Walfadjri multiplie les analyses juridiques, posant la question que tout le monde redoute : qu’adviendra-t-il des décisions prises par l’actuelle administration municipale si l’éviction de Dias est jugée illégale ?
Un verdict aux conséquences imprévisibles
Si la Chambre administrative venait à annuler l’arrêté contesté, le Sénégal entrerait dans une zone d’ombre juridique inédite. Un rétablissement de Barthélémy Dias créerait un conflit de légitimité frontal avec l’équipe en place, tandis qu’un rejet confirmerait définitivement l’ancrage de la nouvelle administration.
Le palais de justice de Dakar, sous haute surveillance, sera ce jeudi le centre de gravité de la vie politique nationale.