Yakaar-Teranga : le Sénégal reprend la main sur un bloc gazier stratégique
Auteur
Lang Fils
Publié le
24 avril 2026
Le 22 avril 2026 restera comme une date marquante dans l’histoire énergétique du Sénégal. Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé la signature d’un accord majeur consacrant la récupération du bloc gazier offshore Yakaar-Teranga, situé au large de Cayar, après le retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy.
Dans une déclaration forte, le chef du gouvernement a qualifié cette opération de « victoire majeure » pour le Sénégal, soulignant qu’elle s’est faite « sans aucune contrepartie financière pour l’État ». Selon lui, un accord de retrait conjoint a été signé entre Kosmos Energy et PETROSEN concernant la licence portant sur ce gisement stratégique, considéré comme l’un des plus prometteurs du bassin sédimentaire sénégalais. Une nouvelle licence sera désormais attribuée exclusivement à PETROSEN pour l’exploitation du champ gazier Yakaar-Teranga.
Pour Ousmane Sonko, cette reprise constitue l’aboutissement d’un combat politique de longue haleine. Il a rappelé que ce bloc, tout comme d’autres actifs stratégiques, avait été attribué dans des conditions longtemps dénoncées comme opaques sous l’ancien régime. Le Premier ministre inscrit ainsi cette décision dans une volonté affirmée de souveraineté économique et de réappropriation des ressources naturelles nationales. Il a d’ailleurs déclaré que « tous nos actifs spoliés seront renégociés et, si nécessaire, recouvrés », annonçant ainsi la poursuite des réformes dans le secteur extractif.
Le Premier ministre a tenu à saluer le travail du ministre de l’Énergie, des Mines et du Pétrole, Birame Souleye Diop, ainsi que celui du directeur général de PETROSEN, Alioune Guèye, pour leur implication dans ce dossier stratégique. Cette coordination gouvernementale a permis, selon lui, d’aboutir à un accord historique qui repositionne l’État sénégalais au cœur de la gestion de ses richesses naturelles.
La récupération de Yakaar-Teranga ouvre désormais une nouvelle phase : celle de l’exploitation sous pilotage national. Si les défis techniques, financiers et industriels restent importants, cette reprise marque déjà un tournant politique fort. Pour de nombreux observateurs, elle incarne la volonté du nouveau pouvoir de rompre avec les anciennes pratiques et de placer enfin les intérêts du peuple sénégalais au centre de la gouvernance des ressources stratégiques.
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